Un livre qui repolitise le sujet alimentaire, rédigé par un cuisinier de métier, cela fait du bien ! En partant de son engagement de chef cuisinier étoilé à Cancale (Ille-et-Vilaine), Olivier Roellinger nous fait découvrir les multiples enjeux politiques et anthropologiques qui se jouent dans une cuisine.
Dans un contexte où des idéologies d’extrême-droite sont soutenues et diffusées par des classes dominantes, et où certains chefs cuisiniers réduisent la gastronomie française à de la toile Vichy, Olivier Roellinger nous rappelle tout ce que la richesse de notre gastronomie doit aux voyages et aux migrations.
En faisant écho au livre « Le Quai de Wigan » de George Orwell, publié en 1937, et en cherchant les raisons qui font que les idées d’émancipations politiques ne gagnent pas davantage l’adhésion du peuple anglais1, l’auteur nous invite à prendre notre alimentation au sérieux car c’est une odyssée parsemée de rencontres délicieuses qui nourrit notre Humanité.
Olivier Roellinger a été par ailleurs l’un des auteurs de la «Lettre ouverte contre l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes» écrite pour mobiliser les professionnels de la restauration préoccupés du rachat du groupe américain Monsanto par l’allemand Bayer, en septembre 2016. C’est à la suite de cet appel que Minga s’est rapprochée de l’Alliance des cuisiniers Slow Food pour conduire ensemble, avec le syndicat des artisans semenciers, des campagnes visant à promouvoir les variétés de la population et le métier d’artisan semencier. A cette occasion, Olivier Roellinger a aussi prèté sa plume à la rédaction de la préface de l’ouvrage « Graines d’une Bretagne d’avenir ».
Nous invitons aujourd’hui tous nos membres, amis et partenaires à déguster ce nouvel ouvrage et à en faire la promotion, sans modération !
Minga, le 3 octobre 2019
1 « Dans les pays hautement mécanisés, les aliments en boîte, la conservation par le froid, les arômes synthétiques ont fait du palais un organe quasiment mort. Comme vous pouvez vous en rendre compte chez n’importe quel marchand de fruits et légumes, ce que la majorité des Anglais appellent une pomme, c’est un morceau de ouate vivement coloré en provenance d’Amérique ou d’Australie. Les Anglais dévorent, apparemment avec plaisir, ce genre de chose et laissent pourrir sous l’arbre les pommes de leur pays. C’est l’aspect brillant, mécanisé des pommes américaines qui les séduit ; le goût bien supérieur de la pomme anglaise est un fait qui leur échappe, purement et simplement. », Le Quai de Wigan, George Orwell – 1937
à écouter également l’émission de Laure Adler « L’Heure bleue » à France Inter du 2 octobre 2019 avec Olivier Roellinger https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-02-octobre-2019

Croire que la croissance d’un marché permet de faire avancer un projet de société, c’est comme croire au père Noël quand on est adulte. Or il semble que cette croyance soit encore fortement ancrée dans les organisations de la bio, occultant l’industrialisation de la filière à l’œuvre depuis plus d’une décennie.
Pour prendre le temps de se retrouver, dans la découverte d’un environnement qui nous dépayse;
Bastien Moysan est un paysan en sens étymologique du terme : il habite son pays. C’est les pieds dans la vasière de la baie de Daoulas où il récolte huîtres et palourdes qu’il mesure l’interdépendance des écosystèmes, les liens entre milieu marin et travail des champs. Depuis 2004, Bastien cultive en polyculture élevage 22 hectares de terre en agriculture biologique à Daoulas, dans le Finistère. Aujourd’hui ces terres ont été vendues suite à une procédure par adjudication aux enchères. Une demande de préemption auprès de la Safer (s