Archives de catégorie : Minga

l’eau : un enjeu vital et humaniste. Sainte-Soline le 25 mars 2023

À la mémoire de Rémi Fraisse.
Botaniste tué le 25 octobre 2014 par un tir de grenade à 21 ans
à Sivens, dans le Tarn pour avoir tenté de préserver une zone humide.

Notre première pensée va aux personnes qui sont entre la vie et la mort, grièvement blessées à Sainte Soline pour avoir agi afin de préserver le bien commun qu’est l’eau. Nous pensons aussi à toutes les personnes qui, par leur engagement journalistique, syndical, associatif et partidaire sont menacées physiquement. C’est le signe inquiétant du changement de régime d’un pouvoir qui a renoncé au dialogue des idées et des faits, et à l’État de droit garant des libertés fondamentales.

Nous, humains, pensons à toutes les victimes dont le corps et l’esprit ont été blessés.

Les premiers responsables de la violence qui s’est déchaînée à Sainte-Soline, de ce qui est une véritable tragédie, sont le chef de l’État, sa première ministre et son gouvernement. Telle est bien l’impasse où conduit le refus de tout dialogue avec les corps intermédiaires, avec la population, avec la jeunesse. Le gouvernement veut que la seule alternative à sa politique soit la violence. Cette violence d’État préméditée à Sainte-Soline en préfigure d’autres, hélas. Il n’est clairement plus question de maintien de l’ordre, il s’agit d’une politique délibérée de terroriser la population. Celle de nous conduire à renoncer à nous engager, à penser, à être citoyennes et citoyens de la République ; à perdre le sens même de ce qu’est la République, la ‘res publica’, la « chose commune ».

Seuls le partage des idées, le débat et l’examen des faits permettront de rétablir notre commune humaine condition, si fragile, tout comme le partage de l’eau dans notre commune nature avec les autres vivants.

Seuls l’approfondissement de la démocratie et la compréhension du cycle de l’eau nous permettront d’échapper à la guerre de l’eau. L’eau est elle aussi chose publique, une res publica.

Que cette tragédie à Sainte-Soline donne naissance à un nouvel élan pour la démocratie : faisons à nouveau de la République un idéal humaniste commun.

Minga, le 3 avril 2023

Mémorial installé le 20 octobre 2015, détruit quelques jours plus tard. Monument de 1,8 tonne et de plus de 2 mètres de haut représentait une main en pierre de Castries sur laquelle est posée la planète Terre en roues de charrette de bois cerclées d’acier. Une œuvre du collectif  » La Pelle Masquée »

L’Inflation n’est pas une fatalité

L’inflation est devenue le point aveugle de l’analyse politique en matière économique, aux meilleurs profits des profiteurs de crise, à commencer par la grande distribution et singulièrement le groupe Leclerc qui profite du contexte pour faire pression sur ses fournisseurs au nom du pouvoir d’achat. Nous refusons l’aumône des petits chèques et des bons d’achat du gouvernement : nous revendiquons l’indexation sur l’inflation de tous les salaires et pensions en dessous du revenu médian.


L’inflation est sur toutes les lèvres. Elle fait la une de l’actualité et est source de préoccupations de professionnels qui n’ont jamais rencontré cette situation et doivent apprendre sur le tas à faire avec. Pourtant, au-delà des mots creux, des slogans et des « primes de pouvoir d’achat », elle n’est pas le fruit d’imprévus et d’aléas mystérieux.

L’inflation, c’est d’abord celle de la masse monétaire. La planche à billet tourne à plein régime depuis la crise financière de 2008, avec une accélération formidable lors de la « crise sanitaire » et de son « quoiqu’il en coûte », pendant laquelle des masses d’argent considérables ont été créées (par l’endettement croissant des états et des entreprises). Or, c’est une loi économique très bien documentée, lorsque la masse de l’argent en circulation croît plus vite que la production, avec un petit temps de retard, les prix montent inexorablement ou plutôt, la valeur relative de la monnaie baisse, jusqu’à ce que la masse monétaire devienne proportionnée à l’économie qu’elle sert. Le phénomène est accentué par le fait que cet « argent magique » a été déversé en priorité vers les détenteurs de capital, qui se servent de taux d’intérêt réels 1 négatifs pour acheter aujourd’hui des actifs qu’ils pourront revendre plus chers demain, contribuant par leur spéculation à accélérer le phénomène de dévaluation de la monnaie.

L’inflation des prix est également liée à des pénuries conjoncturelles sur certains produits et services clefs. Or, ces pénuries, réelles, n’ont pas été administrées : les multinationales en position de monopole qui distribuent ces produits et services, sous prétexte de la loi du marché, voient leurs profits augmenter dans des proportions inégalées 2. Le système économique libéral, qui s’en remet uniquement à la loi de l’offre et de la demande, permet à une nouvelle espèce de « profiteurs de guerre » de s’enrichir considérablement en augmentant ses prix plus que nécessaire, accroissant le phénomène inflationniste au détriment des autres acteurs économiques et des citoyens, et le pouvoir politique peine à leur demander une légère contribution supplémentaire à l’effort collectif… Continuer la lecture

Eau, le combat vital

illustration l. Van Helle – www.tengraphicdesign.net

MOBILISATION GENERALE LES 29 ET 30 OCTOBRE :

TOU.TE.S À SAINTE-SOLINE !

Après un été caniculaire qui devrait amener les dirigeants politiques à la raison, l’entêtement des pouvoirs publics pour satisfaire la fuite en avant productiviste de l’agrobusiness, notamment à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, en autorisant la construction d’une Méga bassine de 480 par 280m par 10m de profondeur, pour 720 000 m³ d’eau pompée dans les nappes phréatiques est … ahurissant !

Aujourd’hui, la mobilisation ne peut plus seulement concerner les organisations activistes et entretenir une division des tâches entre entrepreneurs alternatifs d’un coté et militants et syndicalistes de l’autre. La lutte et l’initiative doivent aujourd’hui marcher de concert.

On ne peut pas promouvoir une agriculture biologique, les semences variétés populations, des modes de production et de distribution plus sobre en eau et en énergie, sans être aux cotés des faucheur·euse·s volontaires d’OGM et de celles et ceux qui luttent contre les fermes-usines et les mega-bassines.

L’autonomie que nous défendons dans nos initiatives professionnelles, en cherchant des alternatives au capitalisme, en refusant la maltraitance des humains et des autres espèces vivantes, dans le champ de l’Économie Sociale et Solidaire pour certains, nous porte ensemble du côté de la lutte.

Minga appelle tous ses adhérent⋅e⋅s et sympathisant⋅e⋅s professionnels à se mobiliser, et à mobiliser autour d’eux, pour stopper la méga-bassine de Sainte-Soline les 29 et 30 octobre prochains.

https://bassinesnonmerci.fr/index.php/2022/10/05/mobilisation-nation-les-29-et-30-octobre-tout-te-s-a-sainte-soline/

Minga,
AZADE (plateforme de distribution de produits biologiques),
la pépinière « Des fruits des fleurs »,
la menuiserie Girard,
Youpi au théâtre (restaurant à Gennevilliers) ,
les Racines du Ciel (marque de vêtements éthiques)
Biocoop les 7 épis à Lorient,
BaraTi’Pain, boulangerie au levain à Baratier
la SCOP Belzsaison, Biocoop à Belz
la SCIC « Graines de liberté- Hadoù ar frankiz »
Le comptoir du théâtre à Quimper

Les terres de Bretagne ne sont pas des biens spéculatifs :

Non à la « ruée vers l’or vert » ! 1

Laurent Vanhelle

La proposition de vente, sur le site « le bon coin », d’une « Micro ferme verger en permaculture » de 2,6 hectares, sans logement, à Edern, dans le Finistère, a de quoi faire bondir : selon les données de la SAFER, 200 000 euros, c’est 16 fois le prix moyen de l’hectare !

Que ce prix comprenne une part d’équipement, d’arbres, de plants et d’animaux, n’y change rien : comment des jeunes pourraient s’installer à ce prix sans se surendetter leur vie entière et dégager un revenu décent de leur travail ? Comment, avec un tel niveau de prix, les jeunes générations pourraient-elles « bifurquer » et relever les défis que les aînés leur laissent en héritage ?!

Comme pour la plateforme Airbnb, l’acheteur et le vendeur n’ont sans doute pas l’impression de déranger quiconque avec cette transaction, mais cette offre reste le reflet d’un individualisme libéral qui perd tout sens commun.
Alors qu’il est tout à fait possible de vivre de son travail en produisant une alimentation de qualité et accessible sur 2 hectares, une telle spéculation l’interdit à toutes celles et ceux qui en ont la compétence, mais pas de patrimoine pour l’exercer.

La multiplication de ce type d’investissement spéculatif va inévitablement engendrer des tensions, des frustrations et de la violence. Il est urgent d’agir ensemble, avec tous les habitants, pour sortir les territoires ruraux de la spéculation.

1 – « Lorsque l’économie est en crise, les investisseurs ont besoin d’être rassurés et ils s’orientent alors vers des produits financiers sûrs, peu affectés par la crise, voire même qui peuvent se bonifier quand les bulles spéculatives, elles, se dégonflent. C’est le cas de l’or ou encore des investissements dans la pierre. La vraie nouveauté, ici, c’est que ce n’est peut-être pas le marché de l’immobilier en ville qui pourrait cette fois en tirer les plus grands bénéfices ! » (La ruée vers l’or vert, tribune de JM Esnault – DG de The Land, https://www.the-land.bzh/2021/04/07/la-ruee-vers-lor-vert/)