Archives de catégorie : Minga

Leclerc, arrête ton char !

Le patron du groupe Leclerc souhaite que l’application « TousAntiCovid » soit obligatoire pour se rendre dans un commerce.

Soutenir une telle proposition est très, très grave. Cela reviendrait à rendre le smartphone obligatoire pour vivre en France, en excluant des commerces tous ceux qui ne peuvent pas, ne veulent pas avoir un smartphone ou refusent de télécharger l’application « TousAntiCovid ».

Cette perspective instrumentalise délibérément nos peurs pour réduire l’exercice de nos droits et libertés ; y compris les droits et libertés des commerçants qui ont le souci de rester ouverts à tou.te.s… et qui sont assez grands pour exercer leur propre sens humain des responsabilités et assurer un service de prévention de leur santé et de celle de leurs clients sans avoir à devenir des auxiliaires de traçage et de fichage de la population.

Que Michel-Edouard Leclerc y voit une solution à imposer à sa clientèle, libre à lui.

Mais vouloir l’imposer à l’ensemble des commerçants et de la population, ce n’est plus du commerce, c’est de l’activisme partisan pour imposer des technologies liberticides et infantilisantes.

Partisan d’une société totalement asservie, à et par, les technologies ;

Partisan de la sape de notre République au profit de la « Start’up Nation ».

Minga, le 8 décembre 2020

Loi « sécurité globale » : vers la fin de la République ?

Quand les dirigeants et dirigeantes à la tête de l’État se protègent de la société, au lieu de s’appuyer sur les ressources vives de la nation,
Quand ils veulent soumettre l’ensemble du monde du travail et des métiers au régime des GAFA,
Quand le débat sur la gestion de la crise sanitaire est interdit,
Quand l’État n’est plus au service de la société, mais surveille l’ensemble de sa population,
Quand le principe qui fonde notre constitution d’un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » est bafoué, c’est que nous sommes un train de changer de régime politique.
Le vote  au parlement sur la loi de « sécurité globale » peut être un pas de plus, le pas de trop qui met un terme à la République.

Minga avec les 160 signataires contre loi de la « sécurité globale »

187 organisations contre la « sécurité globale »

 

 

Pour l’économie sociale et solidaire, entre l’émancipation et le social business, il faut choisir.

L’affaire de Smart France est emblématique d’une évolution radicale des politiques de l’emploi de notre pays. Smart, et son entreprise de production de spectacle, La Nouvelle Aventure, est une coopérative d’activité et d’emploi qui permet à des travailleu.r.se.s d’échapper en partie à la précarité en étant salarié.e.s d’une coopérative dont ils sont aussi sociétaires et contrôlent la gestion sur le principe d’un.e associé.e, une voix. En lui retirant brutalement sa licence de producteur du spectacle, Pôle emploi interdit aux artistes et techniciens qui créent et diffusent des spectacles dans ce cadre d’avoir accès au statut d’intermittent.

L’objectif de cette décision ? Appuyer une politique pour précariser toujours un peu plus les chômeu.r.se.s, les auto-entrepreneu.r.se.s et tous les intermittent.e.s de l’emploi, en disqualifiant au passage les initiatives de coopération qui pourraient leur permettre d’échapper au flicage et aux injonctions d’accepter n’importe quel emploi.

Pour lutter contre ce déclin social et démocratique, une convergence entre le mouvement coopératif et le mouvement syndical est essentielle.

Elle ne sera possible qu’à condition, pour le mouvement syndical :

    • de ne pas s’arc-bouter sur la cogestion avec l’État,
    • de soutenir les luttes comme celles des livreurs d’UberEat ou Deliveroo
    • et les projets de coopérative mis en place pour ne pas être exploités par les plateformes ; comme toute reprise d’entreprise en coopérative, à l’image de celle qu’avait menée Scop TI.

Et pour l’économie sociale et solidaire :

    • d’abandonner radicalement et définitivement l’idéologie du social business portée par le groupe SOS, le labo de l’ESS, l’ADIE, le Mouves, Ashoka et qui fonde son développement sur la destruction des services publics et de l’État social.
    • d’arrêter de croire que l’on peut ruser avec le capitalisme et que les acteurs de l’ESS seront un corps intermédiaire de substitution aux syndicats.

Le mouvement de l’économie sociale et solidaire se doit de rejoindre le combat de l’émancipation qui a inspiré ses origines.

Minga, le 22 octobre 2020

La pépinière biologique « Des fruits, des fleurs » adhère à Minga !

A travers le récit de son itinéraire personnel et professionnel, c’est une conviction forte que partage aujourd’hui Stéphanie fondatrice de la pépinière « Des fruits, des fleurs » : celle d’approfondir notre humanité par une relation aux plantes, sensible et pensée.`

« Avant d’exercer le métier de pépiniériste, j’étais formatrice en prépa kiné à l’institut régional sport et santé de Rennes. Pendant 12 ans, j’ai accompagné 5 classes de 40 élèves dans la préparation de l’épreuve de Sciences Physiques du concours. Il fallait créer dans les groupes une émulation telle que les élèves parvenaient à un niveau de performance et d’autonomie incroyable ! Je pouvais alors me retirer et n’intervenir qu’auprès des étudiants qui avaient encore besoin d’une aide personnalisée. J’ai adoré ce contact avec les jeunes ! C’était plus un métier de coach que de prof. Le rythme était extrêmement soutenu avec des tranches de 4 heures de « cours », des devoirs surveillés chaque semaine, des concours blancs 4 fois dans l’année ! On imagine pas le travail de préparation et de correction qui correspond, d’autant que chaque étudiant aime se sentir unique et qu’il faut personnaliser les corrections afin de mettre en lumière les points forts et les points faibles de chacun. Mon année de travail était concentrée sur 7 mois, de septembre à avril, ensuite les étudiants partaient pour une longue série de concours… Et pendant ce temps, je cultivais mon jardin.
J’ai quitté Rennes devenue trop chère pour m’installer avec mon fils de 4 ans à 35 km de là, en zone rurale. A l’époque, je louais une maison en terre et pierres ainsi qu’un terrain agricole où j’avais décidé de faire un potager de 2000 m2, avec 2 serres, des légumes, des petits fruits et des fleurs. J’ai commencé à la grelinette et j’ai récupéré des plants en échange de coups de main que je donnais à des maraîchers… Je savais déjà que je n’allais pas continuer d’être formatrice, pour plusieurs raisons…

  • travailler dans un secteur qui favorise la compétition, la sélection, l’élitisme, devenait trop difficile pour moi : accompagner les élèves suppose aussi de les soutenir dans les moments difficiles. Avec le stress et cette ambiance de concours, certain(e)s d’entre eux développaient des pathologies psychosomatiques : anorexies, crises de tétanie, burn out, dépressions pouvant aller jusqu’à l’hospitalisation, addictions… En les écoutant et en essayant de leur parler, je me rendais compte que j’étais complice d’un système déshumanisant et que cette stratégie du mérite frappait injustement des jeunes qui allaient jusqu’à perdre totalement confiance en eux et risquer de sombrer. Cette démarche allait à l’encontre de la célébration de la vie… Elle devenait insupportable pour moi.
  • accepter les nouvelles méthodes de management choisies par mon nouvel employeur était impossible. Je voulais garder une autonomie dans mon travail et refusais de participer aux stages d’émulation entres collègues et de me sentir de plus en plus évaluée sur mes résultats (en clair : le pourcentage de réussite et les retours des parents d’étudiants)
  • la course effrénée « métro boulot dodo » commençait à m’épuiser : 3 fois par semaine, je chargeais mon vélo et mon fils dans la voiture, le déposais à l’école à 5 km de chez moi, puis je prenais le train TER avec mon vélo et une fois arrivée à Rennes, il me restait 4,5km à faire : un vrai parcours sportif pour arriver au boulot !
  • l’absence de lien au quotidien avec la nature et la sensation d’enfermement en classe devenaient insoutenables : pendant mes heures de cours, je regardais par la fenêtre lorsqu’il faisait beau en me disant : mince ! J’aurais pu semer mes carottes… j’aurais pu faire ceci, j’aurais pu faire cela… autant de sentiments de frustrations qui alimentent l’aigreur  et l’insatisfaction au boulot !

Il ne me manquait sans doute qu’un déclic…

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