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« Sol à Sol » adhère à Minga

« Sol à Sol » adhère à Minga

sol a sol« Sol à Sol » est une coopérative située à Marseille spécialisée dans la commercialisation d’une gamme complète de maté biologique en provenance d’Argentine. C’est au sein de l’association « Label Ethique » que le projet de Sol à Sol voie le jour. En 2006, Beatriz Paixao et Nadine Couchoux créent dans un premier temps « Sol à Sol » sous la forme d’une SARL.

Pendant trois années, l’activité de l’entreprise a permis de construire une clientèle, consolider les liens avec les fournisseurs de produits alimentaires et artisanaux, accompagner les modes de production pour rendre la production accessible aux contraintes d’un marché européen. Le passage en SCOP en 2009, marque le moment ou l’entreprise est en mesure de rétribuer le travail des deux associées.

« Sol à Sol » ne se pense pas comme une pratique exemplaire, mais vie son activité comme une démarche d’apprentissage permanente entre les objectifs sociaux et écologiques visés et les moyens commerciaux mis en œuvre. L’adhésion à Minga répond à une exigence de progression, notamment en partageant avec d’autre la manière de tenir une cohérence professionnelle équitable à travers l’examen d’une filière commerciale.
Au regard de leurs propres expériences, la condition de la place du travail des femmes dans une coopérative est un sujet de réflexion qu’elles souhaitent partager avec d’autres acteur Nadine Couchoux et Beatriz Paixaos.

 

 

Sol à Sol scop
280 Bd Michelet – 13008 Marseille
Nouvelle ligne tél : 04 84 25 36 43 fax : 04 84 25 27 55
- http://www.sol-a-sol.fr ou http://www.mate-bio-equitable.fr
- Pour voir le film sur le maté sol à sol : http://www.youtube.com/enhance?feature=wenh&v=F-O6HkmyLec

Faire de la bio ou rendre toute l’agriculture biologique ?

livre « La Bio entre business et projet de société »

bio-livreLes éditions Agone viennent de publier un ouvrage collectif écrit sous la direction de Philippe Baqué qui permet d’ouvrier le débat sur l’avenir de la Bio.

Alors que le commerce équitable est devenu en quelques années le commerce de l’équitable, l’agriculture biologique, sur une tout autre échelle, semble prendre malheureusement le même chemin.

Dans les pays industrialisés, la bio est née en réaction à un modèle de production agricole et de distribution alimentaire qui s’est imposé internationalement depuis la première guerre mondiale. Ce modèle consiste à reconvertir les blindés en tracteurs, les explosifs en engrais azotés et les gaz de combat en pesticides. Or aujourd’hui, la bio se contente trop souvent de reproduire les schémas de pensée et les méthodes de l’agro-industrie : les pesticides en moins, le label en plus.

La bio se réduit de plus en plus à une niche de marché entretenue par les organismes de certification dit « indépendants » qui font tout pour dépolitiser la nature du projet de l’agriculture biologique. Par exemple, la question pour le mouvement de l’agriculture biologique ne devrait pas être seulement d’augmenter le pourcentage de plats bios proposés dans les cantines scolaires, mais bien d’œuvrer également pour qu’aucun enfant scolarisé ne soit exclu de la cantine parce que ses parents ne peuvent pas la payer. A défaut, à tort ou à raison, le projet de l’agriculture biologique risque de n’être perçu que comme un argument de vente pour clientèle aisée.

Même s’il est légitime de se regrouper au regard de la difficulté de produire en bio et ce d’autant plus que ce n’est pas l’appât du gain qui motive, adresser aux consommateurs ou aux pouvoirs publics des revendications exclusivement sectorielle, risque d’enfermer le projet de la bio dans une impasse. Cela ne peut pas répondre à la forte demande d’une alimentation plus saine, notamment vis-à-vis des ménages à revenu modeste pourtant préoccupés par la qualité de leur alimentation, tout en limitant des possibilités d’alliances, notamment avec le monde du travail, y compris avec les artisans et les commerçants, nécessaires pour affronter l’agro-industrie. L’actualité témoigne abondamment de ses intérêts et de son influence. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, la récente démission de la présidente de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), pour cause de conflit d’intérêts, alors qu’elle avait rejoint International Life Science Institute (ILSI), association constituée par 400 industriels de l’agroalimentaire, parmi lesquels les groupes Monsanto et Syngenta, très actifs dans le secteur des OGM.

Le projet de la bio n’a de sens que dans le cadre d’une nouvelle politique agricole et alimentaire, ayant pour objectif de sortir toute l’agriculture de la pétrochimie, de garantir l’accès de tous à des produits alimentaires sains et diversifiés et de réconcilier les villes avec les campagnes environnantes.

Il est temps d’ouvrir le débat. La sortie du livre « La Bio entre business et projet de société », sous la direction de Philippe Baqué aux éditions Agone, est un ouvrage bienvenu pour l’alimenter.

télécharger en format pdf le communiqué de minga

1er mai : la Fête Internationale de tous les Travailleurs…

may dayEntre les deux tours de l’élection présidentielle, le 1er mai prend cette année un caractère particulier. Alors que cette journée est célébrée à toutes les sauces, il est nécessaire de rappeler :

– aux uns qu’à l’origine, le 1er mai est la Fête des Travailleurs créée par la IIème Internationale à la suite de la grève générale du 1er mai 1886 qui permis aux ouvriers américains d’obtenir la journée de 8 h de travail.

– et aux autres pressés d’être appelés à une destinée nationale, persuadés que l’on change un pays à partir d’un cabinet ministériel, que le changement ne dépend pas seulement de promesses électorales mais d’une société mobilisée sur son avenir, capable d’affronter ses défis sociaux et écologiques, et ce d’autant plus que la crise démocratique est devant nous et traverse tout le continent européen.

Célébrer la Fête des Travailleurs dans la rue, c’est marquer solennellement le caractère nécessaire des expressions et des mobilisations citoyennes autour des droits et des enjeux fondamentaux de la vie humaine. Et c’est loin d’être un luxe aujourd’hui. L’évolution vers des régimes autocratiques et répressifs est à craindre quand des gouvernements n’ont comme seule politique que d’imposer des mesures d’austérité pour préserver un système financier mondial corrompu. En Grèce, pour maintenir l’ordre social, la mise en place d’un régime militaire commence à être évoquée ouvertement comme une option nécessaire… En Espagne, le Ministre de l’Intérieur a récemment annoncé qu’organiser des rassemblements protestataires par Internet sera qualifié de « délit de participation à une organisation criminelle ». En France, ce sont les marches des jeunes indignés parties des quatre coins du pays qui ont été accueillies le 18 avril, à leur arrivée en région parisienne, par les forces de police pour placer des marcheurs en détention. Notre pays n’est pas à l’abri des menaces qui pèsent sur la démocratie.

Porter atteinte au droit de grève et d’expression citoyenne comme à la liberté syndicale, c’est aussi interdire aux peuples le droit de construire une économie qui réponde d’abord à ses besoins. En tant qu’organisation politique et professionnelle non corporatiste, œuvrant pour une économie équitable et contre l’économie de la rente, nous situons notre action dans le champ d’une économie sociale et solidaire qui s’inscrit dans l’histoire du mouvement ouvrier et de ses conquêtes sociales. Celles-ci sont plus que jamais à défendre et à élargir. Il y a une nécessité impérieuse à ré-ouvrir, ce jour- même, le débat avec l’ensemble du monde du travail.

S’ouvrir à l’ensemble du monde du travail, c’est reconnaître que les professionnels indépendants, les artisans, les commerçants, les paysans ou les agriculteurs, sont des travailleurs comme les autres et qu’ils défendent tous à travers leurs métiers respectifs, souvent au prix de la précarité, le droit de bien faire leur travail en soi et pour soi, en contribuant ainsi à la société à laquelle ils aspirent.

S’ouvrir à l’ensemble du monde du travail, c’est reconnaître tous ceux qui en sont exclus.

S’ouvrir à l’ensemble du monde du travail, c’est aussi faire reconnaître les organisations syndicales comme acteurs à part entière de l’Economie Sociale et Solidaire, et ce d’autant que l’ESS doit se confronter aujourd’hui à l’offensive idéologique du « social business » qui fait de la pauvreté et de la précarité un marché comme un autre. Pour ses promoteurs, il s’agit d’appliquer à l’ESS les mêmes modes de management et de gestion qui ont conduit l’économie là où elle en est : compétitivité exacerbée, objectifs quantitatifs, rentabilité immédiate écrasant toujours les salariés qui ont peu droit à la parole….. En remettant en cause le principe de non-lucrativité et les sociétés de personnes (coopératives, mutuelles), cette offensive vise à privatiser ce qui ne l’est pas encore (santé, éducation, services à la personne) et à réduire le dialogue social à la rédaction de cahiers des charges qui normaliseraient les pratiques sociales.

Pour que l’Économie Sociale et Solidaire vive à travers les principes qui l’ont toujours sous-tendue : coopération, équité, dialogue, diversité, il y a urgence à s’opposer à cette normalisation et à re-populariser l’économie que nous voulons construire avec le plus grand nombre. C’est dans le partage d’idées, dans le débat avec le monde du travail au sens large, que nous pourrons imaginer une économie qui ne soit pas un ’’tiers-secteur’’ livré aux règles du marché mais une alternative démocratique à un modèle à bout de souffle.

La tâche est immense. Elle n’en est que plus enthousiasmante.

Pour une solidarité de tous les travailleurs, Vive le 1er Mai !

Minga, le 27 avril 2012

réédition « Utopie foncière »

utopie foncièreDans le cadre de la campagne « alimentons les régions », les éditions du Linteau rééditent le livre « Utopie foncière » d’Edgard Pisani. Avec ses cinq années à la tête du ministère de l’Agriculture de 1961 à 1966, ses deux années à celle du ministère de l’Équipement en 1966 et 1967, l’auteur, plus que d’autres, a été confronté à la forteresse de la propriété foncière. Son livre est l’aboutissement d’une longue expérience et d’une non moins longue réflexion. Il y a trente-cinq ans, mais les propositions qu’il apporte – reprises dans les cent une propositions de François Mitterand et de l’Union de la Gauche en 1981 – ont achoppé l’année suivante sur les propriétaires et les secteurs agro-alimentaire et bancaire.

« J’ai longtemps cru que le problème foncier était de nature juridique, technique, économique et qu’une bonne dose d’ingéniosité suffirait à le résoudre. J’ai lentement découvert qu’il était le problème politique le plus significatif qui soit, parce que nos définitions et nos pratiques foncières fondent tout à la fois notre civilisation et notre système de pouvoir, façonnent nos comportements. »

« Entre l’avoir, l’être, le savoir, le faire, le paraître et le pouvoir, qui absorbent toutes nos énergies, l’avoir l’emporte aujourd’hui car il donne le pouvoir, permet le paraître, domine le faire et dispense d’être et de savoir. »

L’appropriation du sol réglée par le code Napoléon n’est pas universelle ni intangible : un nouveau rapport au sol, aussi bien rural qu’urbain, est possible.

C’est donc à une révolution que l’auteur nous convie : celle d’une maîtrise collective du sol, plus économique, plus respectueuse des écosystèmes.

Inscrite au programme de l’Union de la Gauche en 1981, elle reste toujours à faire.

Publié en 1977, ce livre n’a pas pris une ride.