La manipulation politique des OGM menace gravement notre santé et notre environnement.

Fidèle relai des lobbies agro-industriels et représentants appliqués des GAFAM (Google, Apple, Facebook et Amazon, Microsoft), le gouvernement français accompagne avec zèle l’investissement massif de ces multinationales dans les biotechnologies pour artificialiser et privatiser le vivant au mépris de la santé des gens et de l’environnement.

Les déclarations en janvier dernier du ministre de l‘Agriculture – « Les NBT (New Breeding Technologies), ce ne sont pas des OGM. Ce sont des technologies qui permettent d’accélérer la sélection végétale. Cela permet de faire apparaître plus tôt une variété qui aurait pu apparaître naturellement à un moment donné, et c’est très bien » – et celle plus récente du président de la République en septembre au congrès de L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – « C’est dans le plan de relance, dans nos comptes courants, si je puis dire, et nous allons encore accroître cet effort budgétaire dans les cinq prochaines années parce qu’à chaque fois qu’on part à la recherche, on trouve des substituts non chimiques, à chaque fois que par la recherche, on crée des cépages résistants et on arrive à modifier utilement le vivant, on peut se passer de pesticides et produire en étant compétitif. » sont sans ambiguïté.

En se moquant totalement des décisions prises en 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), puis en 2020 par le Conseil d’État français, qui imposent au gouvernement français d’interdire la dissémination de semence issue de mutagenèse ciblée, assimilée à un OGM, ces déclarations traduisent une violation de l’État de droit, une absence de toute concertation, un mépris de la démocratie.
Elles indiquent bien leur intention de réviser par le bas la directive européenne sur les OGM, au nom de la préservation de la biodiversité… Un comble !

Nous appelons donc vivement nos adhérents et sympathisants à signer et relayer dans leurs propres réseaux cette pétition pour dire NON à « la deuxième vague d’OGM » :

https://ogm-jenveuxpas.agirpourlenvironnement.org/

Et à soutenir :

• les combats des citoyennes et citoyens qui militent pour l’interdiction immédiate de tous les pesticides scientifiquement avérés comme des poisons.
• le combat des faucheuses et faucheurs volontaires.
• les initiatives citoyennes et professionnelles qui promeuvent l’usage de semences de variété-population et la valorisation du métier d’artisan semencier.
• la recherche publique plus soucieuse de faire progresser nos connaissances du vivant et de ses interactions pour améliorer la santé plutôt que déposer des brevets pour faire du profit.

Introduction à l’AG de Minga du 11 juillet 2021 à Quimper

Nous, Organisation.

« disposé de manière à rendre apte à la vie »
Dictionnaire étymologique Larousse, Paris, 1971

La diversité des expériences de vie et d’engagements professionnels, des luttes et des métiers des membres de Minga nous permet de produire une pensée qui a une certaine audience, mais sans parvenir à rassembler plus largement. Nous peinons à nous organiser.

Dans le culte actuel de l’entreprenariat social, de l’entreprenariat politique, de l’engagement qui se réduit à un besoin exclusif d’incarnation (mais oublie paradoxalement les corps), le débat principal de cette AG c’est bien précisément ce Nous organisation qui reste à bâtir; un Nous qui donne la force d’être ouvert sur les « tremblements du monde » Édouard Glissant

À partir de là où nous vivons, et des adhérents qui le souhaitent, il reste à initier la création de petits groupes locaux par des actions concrètes (création graphique, affichages, solidarités vis à vis de luttes, d’initiatives de coopérations ..) et la participation à un conseil d’administration se réunissant mensuellement, maintenant à jour les supports de diffusion, travaillant notre expression politique, valorisant les luttes et les initiatives et leur articulation, pour faire avancer le projet de Minga.

Pour aller plus loin, ci-après un texte de contribution à notre prochaine AG.

prépartion AG MINGA NOTE(v8)

Azade, en avant toute vers la consigne !

Azade, grossiste en produits biologiques depuis 2011, et adhérant de Minga depuis 2016, a décidé de s’engager avec détermination dans la commercialisation de boissons aux bouteilles consignées, et le développement des filières qui vont de pair.

En quelques décennies, les emballages à usage unique ont proliféré dans notre pays au détriment de la consigne (à l’exception de l’Alsace) et si le recyclage du verre, c’est mieux que rien, ça reste énergivore. Selon le rapport de l’association Zero Waste et Reloop, le réemploi d’une bouteille de verre engendre une diminution de :
– 85 % des émissions de gaz à effet de serre comparé à son équivalent à usage unique ;
– 57 % par rapport à son équivalent en aluminium ;
– 70 % au regard de son équivalent en plastique (PET, polytéréphtalate d’éthylène).

Malgré l’enjeu que représente pour les collectivités locales la gestion des déchets sur les plans écologique et financier 1 (aggravé par les confinements successifs), et le souhait de plus en plus de citoyens de s’engager dans la réduction de leurs déchets, la volonté politique tarde à se traduire en actes, arguant explicitement de la difficulté de la grande distribution à s’adapter 2. De fait, les circuits longs de distribution construits depuis un demi-siècle par la grande distribution compliqueraient et renchériraient une éventuelle gestion de la consigne, ce qui entraînerait pour ces structures un désavantage concurrentiel face à des acteurs mieux relocalisés. Cependant, grâce au mouvement zéro déchet, incarné commercialement par le fort développement des épiceries vrac de proximité, les lignes sont en train de bouger.

Azade a démarré la gestion de la consigne il y a plusieurs années, en intégrant à son assortiment des boissons belges et, dans une moindre mesure, allemandes, ainsi que de l’eau alsacienne en bouteilles consignées. En Belgique, une incitation fiscale forte a permis le maintien à très grande échelle de la consigne, via des droits d’accises (impôt indirect perçu sur la consommation, parfois aussi le seul commerce de certains produits, en particulier le tabac, l’alcool et le pétrole et ses dérivés) sur toutes les boissons fortement majorés pour les entreprises faisant le choix de l’emballage à usage unique. En France, la taxe sur les emballages, dont les recettes financent le recyclage, et non le réemploi, reste dérisoire et n’a aucun impact incitatif réel.

La croissance des épiceries vrac, et leur demande spécifique pour des produits consignés, a récemment fait de la consigne un argument commercial, incitant tout un écosystème d’acteurs français à investir le sujet. Pour le rayon liquide, la consigne permet en effet une offre zéro déchet, avec zéro investissement (pas besoin de machines compliquées de distribution de vrac liquide), zéro risques du côté de la répression des fraudes (le produit est aussi bien conservé qu’en verre perdu, et la mesure du volume est faite en amont par le fabriquant), et la possibilité d’une profondeur de gamme attractive.

Le déploiement de la consigne en France est confronté à plusieurs obstacles de taille : non incitation fiscale au réemploi, taille du territoire, absence de matériel et de compétences en lavage chez les producteurs, chaînes de production réglées pour un emballage carton, et surtout absence d’économies d’échelle pour le démarrage, sans réel soutien des pouvoirs publics…
La solution mise en place pour les producteurs français a été le choix d’un système ouvert, où producteurs, distributeurs, détaillants et laveurs indépendants coopèrent, chacun assumant la responsabilité de la partie correspondant à son métier. Cela a permis de démarrer avec les plus motivés, sans attendre que tout le monde soit d’accord et prêt « en même temps ».

Plutôt que d’imposer un fonctionnement standardisé, Azade et ses partenaires se sont engagés dans un modèle horizontal de coopération où chacun peut continuer d’assumer ses choix économiques dans la diversité. Plutôt que de raisonner croissance déterritorialisée, intégration et économies d’échelle, la stratégie retenue par Azade est de penser son développement à partir d’un territoire régional, en l’occurrence un grand quart nord de la France comprenant les Hauts de France et l’Ile de France.

Les résultats arrivent rapidement. En à peine un mois, les ventes de lait bio en bouteille consignée ont atteint quatre fois le volume vendu auparavant en packs carton. Idem pour le vin : le lancement d’une gamme consignée en avril s’est traduit par plus de 1000 bouteilles vendues dès le premier mois. S’ouvre donc une dynamique de développement local important, qui ne repose pas sur la standardisation, mais sur une coopération de métiers, où chaque acteur assume sa part de responsabilité jusqu’au client final.

En savoir plus : https://www.azade.fr/bouteilles-en-reemploi/

1. [coût annuel pour les collectivités d’environ 11 milliards d’euros, dont environ 10% pour la gestion des emballages. https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/2019.09.12_la_consigne_impact_financier_pour_les_collectivites.pdf] title= »Retour à la note 1 dans le texte » href= »#ref1″>

2. [« Il y a de multiples acteurs et de multiples acheteurs en supermarché, contrairement aux hôtels et restaurants qui eux ne travaillent qu’avec quelques grossistes. On ne peut pas calquer ce modèle », rétorque la députée Aurore Bergé (député LREM rapporteuse de la loi « Climat ») en mars dernier https://reporterre.net/Generaliser-la-consigne-du-verre-Le-plus-tard-peut-etre-du-gouvernement]title= »Retour à la note 1 dans le texte » href= »#ref1″>