
pics installés devant une banque parisienne dans le 2e arrondissement
« Sous la douche, le ciel » est un film réalisé sur une période de cinq ans, de 2012 à 2017, qui accompagne les mésaventures du projet bruxellois « Doucheflux » : des douches publiques, et de luxe s’il vous plaît, et un espace de socialisation pour les SDF. Issue d’un mouvement de SDF qui combat les politiques d’urbanisme qui se traduisent notamment par des aménagements urbains «anti-SDF», l’idée de départ était de demander à la ville de Bruxelles la mise à disposition d’un bâtiment inexploité pour installer des douches, l’association se chargeant de trouver les investissements nécessaires pour réaliser les travaux.
Le film est un magnifique documentaire qui suit avec beaucoup de sensibilité l’avancement du projet et la parole forte de sans-abris qui se débattent avec tendresse et humour pour garder leur dignité, et nous renvoient à la vulnérabilité de notre condition humaine, incarnée, intimement partagée, mais que la marchandisation du monde tente désespérément de nous faire oublier.
En posant la question de l’hygiène corporelle, ce que ce projet envoie aux politiques est une énorme patate chaude. Tellement chaude que la ville finit par renoncer à trouver un lieu, trop inquiète qu’elle est de voir émerger « un point de fixation » où les plus pauvres pourraient se retrouver, sans plus avoir à se cacher, au lieu de s’intégrer…
Le collectif décide donc de se porter lui-même acquéreur d’un lieu. Une fois la somme collectée pour l’acquisition, la rénovation et l’aménagement du bâtiment, ce sera au tour des services d’urbanisme de freiner le projet de peur, cette fois, que ce lieu devienne un bordel.
Entre la quête de sens de riches donateurs (et l’opportunité de trouver une niche fiscale, en même temps), la démission du politique et la nécessité vitale de sans-abris de se retrouver, ce documentaire nous glisse une critique de la théorie du « ruissellement ».
Le titre du documentaire est un clin d’œil au slogan de 1968 « Sous les pavés, la plage ! ».
A voir absolument dès qu’il s’agit de « faire ensemble », entre êtres humains.
Pour organiser une projection publique de « Sous la douche le ciel », vous pouvez contacter Philippe Cotte – philippe.cotte@cvb.be – 00 32 2 221 10 50 – www.cvb.be.



Militants du vivant, les cuisiniers adhérents de l’Alliance Slow Food des cuisiniers observent, subissent depuis plus de 50 ans la disparition de ce vivant de notre environnement professionnel. A grand renfort de normes, de codifications, de lois liberticides, nous, les cuisiniers, nous sommes devenus dans l’immense majorité des exécutants des grandes puissances agro-alimentaires qui dictent nos comportements, nos règles professionnelles, nos habitudes et enfin notre asservissement avec toujours le même prétexte : « la qualité et la sécurité alimentaire ». Tout ceci avec l’assentiment de la profession, de ses représentants syndicaux et de certains grands noms de la gastronomie, fierté nationale, parfois complices pour certains d’entre eux de cette industrie basée sur la chimie et la disparition de la vie dans nos sols, nos plantes et notre environnement. Les paroles, les grands discours ne résistent pas longtemps à l’épreuve des rayons de grandes surfaces ou des bars de TGV où les photos de « chefs » sont devenues des têtes de gondoles.